8. Lutte contre l'exploitation sexuelle

Rédigé par le Jeudi 7 Mai 2009 à | Lu 1522 fois


Signer la paix des femmes et des hommes

8. Lutte contre l'exploitation sexuelle
La juriste et chercheuse française Marcella Lacub, théoricienne de la révolution sexuelle, le souligne à sa façon: « Dit-on des anciens esclaves américains qu’ils étaient agriculteurs lorsqu’ils récoltaient du coton? Non. De même, une femme forcée de se prostituer est une esclave de la prostitution».

C'est donc de la même manière que nous devons prendre conscience que chaque année, en Europe, des dizaines de milliers de jeunes femmes sont vendues pour le marché de la prostitution . De Riga, à Amsterdam, aux rues de Prague, l’Europe, loin d’être épargnée, se doit d’agir car le phénomène explose littéralement. C’est d’autant plus de sa responsabilité, qu’elle a prouvé par son implication dans son combat pour l’égalité Homme/Femme qu’elle ne restait pas indifférente au sort des femmes et des jeunes filles de l‘Europe. Or l’égalité ne peut être atteinte tant que les hommes ou les femmes achètent, vendent et utilisent leurs semblables en les prostituant.

Et c'est à ce niveau global que les réflexions sur le néo-abolitionnisme se portent désormais. Issue du féminisme scandinave des années 70, le néo-abolitionnisme propose de concentrer les efforts sur la réduction de la demande constatant que toutes les politiques inverses n'ont pas permis de faire reculer la traite des jeunes femmes et des jeunes hommes.

Concrètement il s’agit de pénaliser juridiquement et financièrement le client sans criminaliser les victimes de la prostitution.

Ayant fait preuve de son efficacité, c’est bien cette loi « de la paix des femmes » qu’il serait pertinent d'élargir aux jeunes garçons également victimes et de surcroit de l’adopter au niveau européen. L’Union a le devoir d’utiliser l’arsenal de ses institutions. Si au niveau législatif, nous ne disposons pas de texte pour le moment, il est évident que l'Allemagne pourrait être la clé du succès ou de l'échec du changement. Si ce grand pays réglementariste venait à faire évoluer sa législation dans le même sens que la Suède précédemment citée, il semble évident que cela aurait une répercussion sans précédent sur l'ensemble de ses voisins et que les choses seraient amenées à évoluer très vite. A l'égard de ses pays membres et au reste du monde, l'Europe peut porter un message de respect sans précédent. Pour se rapporter à la légende mythologique, la princesse Europe enlevée par Zeus métamorphosé en taureau prouvera qu'elle est en capacité de gagner les plus grands défis et de mettre un terme, en ce début du XXIème siècle, à l'agissement de tous les Zeus d'aujourd'hui.

Le visage de cette Europe, celui de l'égalité des sexes et des droits fondamentaux, c'est la substance de notre rêve européen. Il ne se réalisera que lorsque nous aurons signé et mis en œuvre à l'échelle de l’Europe, notre continent: « la paix des femmes et des hommes »

1) Selon l’organisation Internationale des migrations




1.Posté par Marcel Patulacci le 31/05/2010 12:15
Je reste sceptique face à ce type de législation pénalisant les clients. Il est certains qu'il faut contraindre les clients à être davantage responsables, l'affaire très médiatisée "Ribery" en est la preuve ; il couche avec une prostituée mineure, et sous prétexte qu'il ignorait son âge, il devrait s'en tirer à bon compte. Il faut contraindre, c'est évident, les clients à s'informer sur la personne vénale qu'ils souhaitent rencontrer. De là à pénaliser la totalité des clients ? Je doute fortement que cela soit la solution.

Que fait-on de ces hommes et de ces femmes qui font le choix de se prostituer, par goût pour la liberté, par nécessité financière urgente, ou parce qu'elles refusent les contraintes ? Ces personnes qui font le choix de se prendre en main et de gagner leur vie, là où d'autres attendraient que des aides financières tombent du ciel ? Ces personnes sont touchées par la pénalisation des clients, qui d'une part, engendre une baisse de clients et donc de revenus, mais surtout, pousse les clients à être pénalisé "pour quelque chose" ; quitte à être hors la loi, autant que ce soit pour de bonnes raisons (et là, multiplication des violences à l'encontre des prostituées).

Je crois qu'il suffit d'obliger les clients à se renseigner sur leur vénale. Si celle-ci est indépendante, alors le client ne risque rien. Si celle-ci est mineure, ou majeure mais sous l'emprise d'un réseau, que le client le sache ou non, il est tenu pénalement responsable. Parce qu'il n'avait qu'à se renseigner correctement. Ne serait-ce pas plus sage ?

Par ailleurs et au dela de ça, on constate que les pays dans lesquels les réseaux de proxénètes pullulent sont ceux dans lesquels justement, le proxénétisme encadré est légal ( = les maisons closes). Le fait qu'un gérant de maison close ait le droit de se faire de l'argent sur le dos de filles (ou hommes) qui s'adonnent à la prostitution n'est rien d'autre que du proxénétisme encadré. C'est légal, la loi est favorable aux proxénètes, donc c'est dans ces pays-là que les mafieux s'installent.

Un pays comme la France compte beaucoup moins de réseaux que la Belgique, et bien moins organisés (puisque imbéciles qui ne se renseignent pas sur les lois en vigueur). Cela, tout simplement parce que le proxnétisme est entendu de manière excessivement stricte (trop parfois, puisqu'une prostituée n'a même pas le droit de subvenir aux besoins de son enfant majeur ...), et abslument interdit.

En mélangeant la pénalisation des clients SEULEMENT s'ils ont été en contact avec une mineure/ une victime de réseau parce qu'ils n'avaient qu'à se enseigner correctement (les prostituées indépendantes n'ont, a prori, rien à cacher et peuvent montrer leur déclaration d'impôts ou autres) ET en utilisant la définition française de proxénétisme (à améliorer bien entendu), on arriverait peut-être à de bons résultats.

le but ne doit pas être d'empêcher des hommes et des femmes volontaires de gagner leur vie de la manière dont ils l'entendent dès lors qu'ils ne violent pas la loi, ne portent préjudice à personne et paient leurs impôt. La loi ne doit pas être une histoire de moeurs et de morale.