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Mardi 25 Octobre 2011

Edito

C'est à nous de le faire, et tout de suite ou jamais

Jankélévitch avait en son temps inventé une maxime lui permettant de reconnaître ce qui relevait de la Morale, au sens philosophique du terme. Il fallait que l'on puisse en penser : "C'est à moi de le faire, et tout de suite ou jamais".

Par Charles Baillieu


© Conseil de l'Union européenne, 2011
© Conseil de l'Union européenne, 2011
Une maxime reprise il y a peu par une autre philosophe, Cynthia Fleury, pour qui elle permet également de définir l'acte ou le moment courageux. Est morale ou courageuse la décision qui nous fait impérieusement passer à l'acte, qui nous fait nous dépasser et nous mesurer à nos peurs et à nos désillusions ; est morale ou courageuse la décision qui nous fait provoquer le destin.
 
On aimerait qu'une telle nécessité frappe l'esprit de nos Chefs d'Etats et de gouvernements au cours des réunions qu'ils organisent ces jours-ci. Car c'est bien de courage et d'une certaine conception morale de l'action publique que l'Europe a besoin. Depuis le temps qu'on s'interroge sur la viabilité d'une politique monétaire déconnectée de toute politique économique et sociale cohérente, nous voilà prêts à basculer. Toute la question est de savoir vers quel côté cette bascule se fera.
 
Encore un peu de mépris, de contrariétés, de court-termisme, et l'on se dirigera au mieux vers une Europe "plus" intégrée mais aussi plus autoritaire, avec un gouvernement économique qui ne répondrait pas directement à une assemblée démocratiquement élue ; et au pire, à une Europe qui renoncerait d'elle-même à certains de ses acquis les plus fondamentaux. L'avenir, dans les deux cas, ne serait pas bien réjouissant : l'horizon ne serait plus alors que celui d'une désintégration plus ou moins rapide du projet européen.
 
Une autre solution cependant est encore possible. Il suffirait pour la mettre en œuvre de préférer  à ce premier versant bien sombre, un saut dans la seconde direction. Celle qui refuserait toute forme de renoncement et renouerait avec la réflexion en longue durée, la prise de risque politique, l'inventivité ; qui allierait intégration plus profonde et fonctionnement plus démocratique, quitte d'ailleurs à recourir, pour commencer, à une avant-garde.
 
Il est toujours de bon ton de comparer l'Europe aux Etats-Unis et la crise actuelle avec celle de 1929. Peut-être serait-il bon de se rappeler que c'est à l'occasion de cette dernière que l'Amérique décida de fédéraliser son budget...
 
"C'est à nous de le faire, et tout de suite ou jamais".











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