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Mardi 19 Octobre 2010

Entretiens

Chrysoula Paliadeli : "renforcer le dialogue interculturel et le sentiment d’appartenance à l’UE"

Le Parlement européen et sa commission Culture votera, fin octobre, un rapport pour la création d’un Label du Patrimoine Européen. La rapporteure, la socialiste grecque Chrysoula Paliadeli, a accepté de répondre à nos questions et de nous donner des détails supplémentaires sur ce projet.

Par Rémi Praud


Chrysoula Paliadeli : "renforcer le dialogue interculturel et le sentiment d’appartenance à l’UE"
Le Label du Patrimoine Européen a été créé en 2006 via une initiative intergouvernementale. Pourquoi l’Union européenne exprime-t-elle aujourd’hui le besoin de mettre en place son propre Label ?

Le but de transformer le Label en une action de l’UE est d’améliorer son efficacité opérationnelle, de préciser les procédures pratiques pour la mise en œuvre du projet, d’accroître son impact mais aussi lui permettre de prendre une nouvelle dimension. Géré en tant qu’initiative de l’Union européenne, le Label du Patrimoine Européen y gagnera une plus grande stabilité, crédibilité, visibilité et un prestige accru.

A mon sens, le nouveau Label ne devrait pas être simplement vu comme une transformation de l’ancien. Les nouveaux critères, bien définis, communs, clairs et transparents, la mise en réseau, le jury, les nouvelles procédures de sélection et de suivi de la nouvelle action impliquent un concept différent et amélioré. Ce sera une nouvelle action reposant sur l’expérience accumulée pendant son existence en tant qu’initiative intergouvernementale.


D’autres Labels existent déjà (Patrimoine mondial de l’UNESCO, les Routes culturelles du Conseil de l’Europe). Est-ce que le Label du Patrimoine Européen ne fait pas doublon avec les Labels existants ?

Absolument pas. Le nouveau Label du Patrimoine Européen ne récompensera pas des sites d’une grande beauté architecturale mais ceux qui promeuvent (ou ont promu) l’idée d’une identité européenne commune. Il se concentrera sur le symbole et/ou la valeur éducative, plutôt que sur la beauté d’un site, il ne se concentrera pas sur la conservation des sites en eux-mêmes mais plutôt sur les activités qu’ils offrent et leur dimension éducative, spécialement pour les plus jeunes. Il insistera sur la proche collaboration entre les sites labellisés pour partager les bonnes pratiques et initier des projets communs. Le Label contribuera à soutenir la compréhension mutuelle dans les Etats membres, renforçant le dialogue interculturel des peuples et leur sentiment d’appartenance à l’UE, basé sur des éléments partagés du patrimoine historique et culturel. Cela créera de nouvelles opportunités pour les européens d’intégrer les valeurs démocratiques et les droits de l’homme qui sous-tendent l’intégration européenne.


Comment les sites seront choisis et combien seront concernés par cette initiative ? Quels seront les principaux critères pour obtenir un tel Label ?

Selon la proposition de la Commission européenne, les Etats membres auront la possibilité de présélectionner jusqu’à deux sites par an. A jury d’experts indépendants choisira parmi les sites présélectionnés un site maximum par Etats membres. La décision finale est laissée à la Commission européenne qui se base sur les recommandations du jury.
A mon avis, accorder annuellement le Label à un maximum de 27 sites – tel que prévu dans la proposition – ne multipliera pas seulement de manière très importante le nombre de sites dans les premières années, mais fera courir le risque d’affaiblir le prestige du Label. De plus, cela impactera la qualité de la procédure de suivi, notamment par le jury européen, dont la tâche est de d’analyser les rapports des Etats membres et de fournir des recommandations. Je crois qu’une sélection des sites sur une base biannuelle garantirait une meilleure qualité à la fois de la procédure mais aussi des sites sélectionnés, ce qui donnerait plus de temps pour la présélection (au niveau des Etats membres) et de la sélection qui en découle (au niveau européen), tout en facilitant le suivi des sites.

Le Label du Patrimoine Européen récompensera les sites qui ont une valeur symbolique européenne et qui ont joué un rôle clé dans l’histoire et la construction de l’Union européenne. Les Etats membres devront justifier la nature transnationale et paneuropéenne des sites ainsi que leur rôle dans l’histoire et l’intégration européennes ou leur rôle dans le développement et la promotion des valeurs communes telles que la liberté, la démocratie, le respect des droits de l’homme, la diversité culturelle, la tolérance et la solidarité.


Quelle sera la procédure de désignation ? Quelle sera le rôle des différentes institutions européennes ?

Le Label sera attribué par la Commission dans la limite d’un site par Etats membres. La désignation sera effective pendant l’année qui suivra la procédure de sélection. La décision de la Commission devra être basée sur les recommandations d’un jury d’experts indépendants.

La participation des institutions européennes est principalement garantie à travers le jury d’experts indépendants, qui devra être constitué de membres choisis par les institutions européennes : quatre membres devront être nommés par le Parlement européen, quatre par le Conseil, quatre par la Commission. Ajouter un membre du Comité des Régions est une recommandation contenue dans mon rapport, car cela donnerait la parole aux autorités locales et régionales, et ainsi le rendrait plus représentatif et stimulerait l’intérêt local et régional.

Pour des raisons de transparence, j’ai suggéré que la Commission publie une liste complète des sites présélectionnés et informe le Parlement européen, le Conseil et le Comité des Régions.


Crédits Photo (c) Parlement européen, Unité audiovisuelle











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