Depuis le premier plan de sauvetage de la Grèce en mai 2010, voire même depuis la chute de la Banque d’affaire Lehmann Brothers aux Etats-Unis, on a connu pas mal d’occasions de se jeter par la fenêtre. Mais à chaque fois des Conseils européens de la dernière chance nous en ont dissuadés. On est d’accord le disque commence à se rayer. Les conséquences de la crise du crédit bancaire débutée en 2008 suivi de la crise de la dette souveraine des Etats européens (ces derniers avaient abondamment recapitalisé les banques en 2008-09), déclenchée par la falsification des chiffres de l’endettement grec par l’ancien gouvernement conservateur hellène, vont bien finir par nous achever. On évitera d’ailleurs de mentionner la crise écologique histoire d’éviter d’en faire trop, car nos dirigeants ont les nerfs fragiles.
L’UNION FAIT… LA GUEULE En marchant dans les rues de Bruxelles à proximité du rond-point Schuman, à voir tous les camions de télévisions, on se dit que le débat politique communautaire commence à intéresser. Le bond en avant européen est prêt à être couvert. La recherche du meilleur arrière fond pour le reportage du JT du soir est en cela tout symbolique. Qu’est ce qui irait le mieux avec cet impeccable brushing et ce beau micro ? Les drapeaux européens du bâtiment principal de la Commission (Berlaymont) ou l’entrée du bâtiment où les négociations entre les 27 ont lieues (Juste Lipse) ?
Au final on parle de beaucoup de choses mais pas vraiment des solutions. On préférera naturellement le récit des prises de becs viriles entre le président français et le premier ministre britannique voire des rires complices des journalistes invités à la conférence de presse franco-allemande, lorsqu’est pointée du doigt l’incompétence du président du Conseil italien. Mis à part les ébauches de début de projets de sortie de crise, quels sont les enseignements de ces réunions post démocratiques où tous les chefs d’Etat ont un droit de véto ? Des chroniques de journalistes élus et sans doute mieux disposés à couvrir ces réunions et malheureusement aussi quelques remarques stupides destinées à noyer le débat… Exemple : « on est au bord du gouffre, les Grecs sont des fainéants, les Italiens se moquent de nous, les Français sont arrogants, les Anglais sont des moralisateurs, les Allemands sont inflexibles et les autres pays ne servent à rien… » Tous unis dans la diversité.
TOUS À VOS BUNKERS Pour l’instant les menaces d’explosion, d’implosion ou encore de destruction n’ont débouché que sur des rustines (qui signifient « plans de sauvetage, rachat d’obligations par la BCE, recapitalisation bancaire et fonds européens de stabilisation financière (FESF) » en novlangue communautaire) et pas mal de plans d’austérité notamment en Grèce, Irlande, Portugal, Italie et également en France. Pour l’heure donc c’est plutôt les citoyens précarisés sous fonds de réduction budgétaire, chômage et démantèlement des services publics qui souffrent de la crise européenne. Il est vraiment temps que
le jeu du chat et de la souris entre les agences de notation et les 27 (enfin plutôt les 17 de la zone euro) laissent la place à de véritables solutions à long terme (euro-obligations, taxes sur les transactions financières, régulation financière, plan de relance vert,
nouveau traité institutionnel, extension de la majorité qualifié, gouvernance économique…). Pourtant, bon nombre de députés européens, de membres de la Commission européenne, des représentants de partis d’opposition européens ou encore des économistes s’escriment à promouvoir ces propositions dans la presse. On l’a souvent relayé sur generation112.eu
les solutions sont là mais la volonté politique pas encore. Tous à vos bunkers donc.